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Hérault : ils redonnent vie au trésor de la Jeanne-Élisabeth

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ALM
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http://www.midilibre.fr/2017/06/28/herault-ils-redonnent-vie-au-tresor-de-la-jeanne-elisabeth,1529514.php

Le voilier coulé en 1755 dans l'Hérault avec 24 000 piastres d'argent, avait été pillé en 2008.
C'est un travail de titan mais à la portée historique qui dépasse la valeur financière bien réelle de ce trésor. À la Bibliothèque nationale de France, Francine N'Diaye et Jérôme Jambu s'occupent, pièce par pièce, du trésor de la Jeanne-Élisabeth, ce voilier coulé en 1755, au large de Maguelone (Hérault). Soit les 4 000 piastres d'argent retrouvées par les archéologues du Drassm (lire ci-dessous) lors des fouilles consécutives au pillage de l'épave par des pirates modernes qui, eux, ont raflé les trois-quarts du magot, soit 18 000 pièces revendues sous le manteau des centaines de milliers d'euros (*).
"Miraculeusement protégé sous la vase"
"Sur l'ensemble des 4 000 pièces, seulement 5 % sont illisibles, tout le reste est identifiable, se félicite Jérôme Jambu, chargé des collections de monnaies étrangères de la BNF. Pour de l'argent qui a séjourné en mer deux siècles et demi dans une cargaison de blé, c'est exceptionnel. L'ensemble a été miraculeusement protégé par le sable et la vase." Surtout, cette monnaie, une fois restaurée (lire ci-contre) témoigne de "la première mondialisation", insiste le conservateur et de la "rapidité de la circulation de la monnaie" au XVIIIe siècle. Pensez donc : les recherches de ce numismate ont permis de savoir que ces pièces de 4 et 8 réaux, proviennent des mines d'argent du Pérou. Les plus anciennes datent de 1677, et les plus récentes de 1755, l'année du naufrage de la Jeanne-Élisabeth.
Quelques échos
À la recherche de deux squelettes
Le naufrage de la Jeanne-Élisabeth, dans la nuit du 15 novembre 1755, a fait deux victimes. Marie-Magdeleine Dubois, une servante, et le secrétaire du consul de France à Cadix, le Sieur Lagrange. Ont-ils été enterrés sur la plage, pour éviter les épidémies, avec une messe en leur hommage comme cela se pratiquait au XVIIIe siècle ? Les archéologues ont eu vent de la découverte de deux squelettes, en décembre 1982, lorsqu’un grau a été ouvert sur le secteur. Mais ni les gendarmes, ni le service de médecine légale n’ont pu indiquer la destination des ossements. Les techniques de datation et de reconstitution de visage à partir du squelette pourraient enrichir l’histoire de l’épave.
Le temps est compté pour la restauratrice et le numismate. Pour la première fois, un trésor entièrement restauré doit être présenté au grand public dans le cadre d’une exposition plus largement consacrée à la Jeanne-Élisabeth. Les 4 000 pièces seront ainsi nettoyées et répertoriées pour courant 2018 : elles seront ainsi exposées au musée d’Agde.
Restauration : Éviter le "massacre"
Les pièces ont d’abord été rincées à l’eau pour enlever la salinité puis séchées. La problématique, pour Francine N’Diaye, qui traite une cinquantaine de piastres chaque semaine, est ensuite d’enlever les concrétions calcaires qui viennent du coquillage et limiter le phénomène d’oxydation parce que chaque pièce se compose de 92 % d’argent et 8 % de cuivre.
La spécialiste utilise donc des bains d’acide formique et d’acide acétique pour traiter ces deux maladies de la monnaie. Avec le binoculaire, elle rince, nettoie à la brosse, pour redonner vie au mieux à la pièce. Le résultat est édifiant quand on les compare avec les 200 piastres saisies chez les pilleurs : "Les pillards ont utilisé des produits de l’argenterie de commerce, c’est du massacre ! 18 000 pièces ont disparu, on est en colère contre ces gens-là ! En plus, une pièce en superbe état peut intéresser les collectionneurs, la vilaine, pas travaillée, ne vaut que par l’argent", indique le conservateur Jérôme Jambu.

En moins de dix mois, l'argent a été extrait sur les hauts-plateaux de Potosi par les Indiens, dans des conditions de semi-esclavagisme, puis les pièces ont été taillées dans les ateliers monétaires avant d'être chargées à Callao, le port de Lima. Elles ont ensuite été acheminées à Cadix, "la place commerciale où tout navire espagnol à obligation de débarquer s'il a des pièces". Chargé dans la Jeanne, battant pavillon suédois, le trésor a été dissimulé dans le blé pour éviter les pirates anglais lors de son parcours vers Marseille, alors plaque tournante des métaux précieux en Méditerranée. Les 24 000 piastres devaient revenir à des banquiers suisses, "et d'autres propriétaires que j'essaie d'identifier", indique Jérôme Jambu.
LIRE AUSSI - Hérault : les pilleurs de la Jeanne-Élisabeth ne lâchent pas le numismate
Ce dernier piste également les numismates véreux qui pourraient receler les milliers de piastres manquantes, pouvant, si elles sont correctement restaurées, valoir 500 € pièce. "On a un rôle de veille, on surveille les sites, les marchands, une pièce de la “Jeanne”, je la reconnais aussitôt, j'ai toujours espoir d'en retrouver."
(*) Les pilleurs ont écopé en appel jusqu'à deux ans de prison et 1 M€ à rembourser.
Les autres découvertes de l’incroyable épave
La huitième campagne de fouille sur la Jeanne-Élisabeth, qui s’achève ce 30 juin, va bon train à quelques dizaines de mètres de la plage de Maguelone (Hérault). L’équipe mixte de bénévoles et d’archéologues du Drassm (*) continue l’exploration de ce voilier au pavillon suédois échoué en 1755, et qui recèle bien d’autres trésors que les 24 000 piastres d’argent qu’il transportait.
Une grande exposition
"Les objets personnels des marins comme les objets du bateau nous intéressent, détaillent Marie Jaouen et Andréa Poletto, les responsables scientifiques. Mais aussi l’architecture navale : au XVIIIe siècle, on ne rédige pas de traité, pas de vade-mecum, c’est le maître charpentier qui forme un apprenti."
Sous l’eau, l’épave n’est pas profonde mais le travail de déblaiement fastidieux : quatre “suceuses” ont été nécessaires pour désensabler, "le fonds est à 4,5 m, on est à 8 m !", indiquent les spécialistes. Ils s’intéressent à l’avant de la Jeanne, à sa coque arrondie, et ont reçu le renfort d’un archéologue suédois, Joakim Severinson, maître charpentier d’une réplique navigante du Goetborg III, navire lui aussi coulé en 1755. La soute aux câbles, avec tous les cordelages, pour amarrer le bateau et relever les ancres, a également été minutieusement visitée et répertoriée. Avec en ligne de mire une grande exposition à Agde en 2018, avec tous les objets, les archéologues ont aussi mis la main sur l’impressionnant guindeau, en métal et en bois, bien conservé, autre pièce qui pourrait compléter l’incroyable inventaire de l’épave.
ALM
3franc6sous
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Petit commentaire qui n'est pas hors sujet pour les tentés de le croire mais au coeur du sujet historique où les archéologues cafouillent pas mal sur la description du bateau naufragé qu'ils veulent précise apparemment .

Il est curieux qu'en 1755 date du naufrage , le bateau aurait porté un nom français "(La) Jeanne" avec visiblement à son bord des passagers victimes français (Une servante et un secrétaire de consul français) mais portant un pavillon suédois . Ce n'est pas impossible mais l'identification d'un bateau est importante dans la recherche archéologique des pièces et de son architecture navale qui les intéressent disent-ils. Je doute de leur compétence car si on ne débaptise pas un bateau qui change de pavillon , par superstition marine traditionnelle , (ça porte malheur!) , le pavillon à cette date n'aurait pas pu être suédois mais royal ou du moins de l'identité de son armateur. Le pavillon n'a pas de nationalité qui n'appartient qu'au roi (Il est seul représentant de la nation). Si le navire n'appartient pas au roi , c'est un pavillon de commerce privé à cette époque. Celui du proprietaire armateur.

Doute encore sur la faute d'appellation du nom d'un bateau en français . Il faut dire le Jeanne-Elisabeth prenant le genre grammatical masculin du bateau . On ne dit la Jeanne-Elisabeth que si l'article démonstratif est écrit avec le nom propre sur les documents du rôle d'enregistrement ou sur la coque du navire lui-même. L'article La fait alors partie intégrante du nom propre mais on doit dire : Le La Jeanne-Elisabeth même si ce n'est pas très esthétique .
L'emploi de l'article démonstratif avec le nom propre existe mais c'est assez peu courant aujourd'hui.

Autres exemples : On dit ; le France parce qu'il n'y a pas d'article avec le nom et parce que c'est UN bateau mot du genre masculin qui prend place s'il n'y a pas d'article et non pas parce que c'est un paquebot . Noter que s' il y a eu deux autres bateaux qui furent baptisés "France" ; un autre paquebot et un cuirassé , l'erreur est fréquente même par la marine parfois de dire La France , or , sans l'article , le bateau ne porte pas le nom de la mère patrie mais France n'est que son patronyme de bateau , qui est un bateau du genre masculin . On dit donc ; le France .
On dit : Le La poursuivante parce que le nom comprend l'article démonstratif , même si le bateau est un patrouilleur . Le La boussole et le L'astrolabe (Ceux de La Pérouse). Le sous-marin le L'indomptable ...
Nos archéologues et journalistes feraient bien d'en prendre de la graine avant d'écrire sur quel bateau ils font recherches (D'autant que nombreux sont les bateaux qui portent le même nom dans l'histoire et avec ou sans l'article) , ou d'embaucher des spécialistes marine et des prof de français ... ;)
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Ecapoe Numista team
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Messages : 1827
Eh bien il en faut un réseau de numismates et de collectionneurs véreux ou au moins peu scrupuleux pour ecouler 18000 monnaies de cette epoque !

En tout cas j'ai hâte de voir le resultat en exposition.
Quand l'Histoire et la Géographie se croisent sur nos pièces de monnaie ...
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ALM
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Bonsoir

possible que tout n'est pas été écoulé et qu'une partie traîne encore quelque part et soit écoulée petit à petit sur plusieurs années !
ALM
3franc6sous
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18.000 pièces cela fait effectivement beaucoup pour être refourguées une par une. Si ce n'est pas des idiots ils ne le feront pas en France mais à l'étranger lointain qui échappe au champ de la loi française. En France les commerçants d'antiquités et autres sont tenus de produire un livre de caisse qui consigne identités , nature, quantité , prix , date d'achat des objets acquis , aux contrôles de la Brigade Financière . Encore faut-il pouvoir établir la preuve du propriétaire d'origine qui sans doute est là ; l'Etat autant pour l'épave qui est dans les eaux nationales que pour sa cargaison. Il s'agit bien d'un pillage de biens publics et non pas de trésor sur fond privé malgré les changements récents de la loi. Avec le livre de caisse on remonte de cessions en cessions jusqu'au détenteur d'origine pour établir le vol. Tous les acquéreurs successifs ne peuvent être qualifiés de recel de vols s'ils sont de bonne foi car pas habilités à vérifier l'honnêteté des revendeurs surtout entre privés particuliers. En cas de vol d'origine établi il faut restituer le bien volé et recourir contre le délinquant originaire pour se faire rembourser ... C'est pas facile ... Pour le circuit commercial , rien de plus facile que de produire une fausse identité et ni vu ni connu "j't'embrouille" mais il faut restituer le bien ... Et se calter la procédure après , dont l'Etat se fiche comme d'habitude , bien entendu ... On en sera pour ses frais si le jeu n'en vaut pas la chandelle.
Gageons que les pillards recycleront en bloc les pièces marchandables à bas prix rapidement à l'étranger car attendre des années entraine la prescription acquisitive trentenaire pour être non suspecté et que les autres , peut être les plus nombreuses ne valant rien car trop oxydées , abimées , pas nettoyables dans des gangues de concrétions seront refondues . Ce n'est certainement pas le premier cas pour les pilleurs d'épaves .
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