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Appellation des monnaies romaines

NumisdocEncyclopédie numismatique

Écrit le 7 juillet 2012 • Commentaires (0)

Les Romains paraissent avoir connu l'usage de la monnaie assez tard, sans doute au IVe siècle av. J.-C. Jusque là, les échanges commerciaux étaient régis par le troc.
Les plus anciennes monnaies de l'Italie centrale sont d'énormes lingots quadrilatères, sortes de briques de cuivre, sur lesquelles sont représentés un bœuf, un porc et d'autres animaux. Ces lingots sont taillés sur le modèle de la livre romaine de 327 g. Il en est qui pèsent jusqu'à 4 ou 5 livres, d'où leurs noms de quadrussis et de quincussis ; les lingots d'une livre portant le nom d'as.
Ils seront remplacés par des plaques de bronze sur lesquelles sont gravées des figures (animaux, armes...) : c'est l'aes signatum.

La première monnaie véritable, circulaire, fut l'as libral, en bronze et pesant théoriquement une livre (libra) romaine, en fait beaucoup moins (273 g). Cet as est divisé en fractions duodécimales (semis, triens, quadrans, sextans, uncia). La frappe de la monnaie d'argent fut introduite à Rome seulement en l'an 269 av. J.-C. Sous la République, les pièces furent d'abord frappées à l'effigie de divinités, puis on prit l'habitude de varier les effigies.
  • denier = 2 as 1/2 ;
  • sesterce = 10 as.

Après une refonte générale des monnaies, on a, au IIe siècle av. J.-C. :
  • denier = 16 as ;
  • sesterce = 4 as.

Sous César, le sesterce est en bronze et la monnaie d'or fait son apparition :
  • sesterce (bronze) = 4 as,
  • denier (argent) = 4 sesterces ;
  • aureus (or) = 25 deniers.

Les monnaies étaient frappées dans le temple de Juno Moneta (Junon " Conseillère "), dont l'épithète Moneta finira par désigner la "monnaie".
Une commission de trois membres (les tresviri monetales, du corps vigintisévirat) était chargée du contrôle de la frappe (le "S C" sur les sesterces). Sous l'Empire, il ne lui resta que la fabrication des monnaies en métaux non précieux, les empereurs se réservant le contrôle des pièces d'or et d'argent.

À partir d'Auguste, les pièces sont à l'effigie de l'empereur ; sur le revers apparaissent les thèmes les plus variés. L'as, qui n'avait plus été frappé dans le courant du Ier siècle av. J.-C., réapparaît ; d'autre part, le sesterce est désormais en laiton.
On a donc les monnaies suivantes :
  • quadrans (1/4 d'as), il ne survivra pas longtemps aux dévaluations
  • as (bronze puis cuivre) ;
  • dupondius (laiton) = 2 as, fera une brève apparition.
  • sesterce (laiton) = 4 as ;
  • denier (argent) = 4 sesterces = 16 as ;
  • aureus (or) = 25 deniers.

Sous l'Empire, il faut posséder 400 000 sesterces pour pouvoir faire partie de l'ordre équestre, un million pour appartenir à l'ordre sénatorial. Les plus hauts fonctionnaires de l'ordre équestre (préfets du prétoire, de l'annone, chefs des services de la chancellerie) perçoivent un traitement annuel de 300 000 sesterces. Les fortunes les plus considérables se comptent par dizaines de millions de sesterces. Pour comparer, la solde d'un soldat romain de base (les autres - mercenaires ou alliés - étaient payés sur le butin) est d'un auréus par mois, soit 100 sesterces.

Sous Antonin apparaît l'Antoninianus, valant deux deniers, l'as et le sesterce disparaissant peu à peu (quelques sesterces seront encore frappés par quelques Empereurs).

D'abord en billon de fort aloi, l'argent disparaitra presque totalement de l'alliage à la moitié du 3e siècle.
Des origines de la monnaie romaine jusqu'à l'Empire, le poids de métal n'a cessé de baisser. L'as de bronze a successivement pesé 273 g puis 109 g puis 27 g puis 9 g, et enfin 2,3 g sous le Bas-Empire ; le denier a contenu de moins en moins d'argent ; le poids d'or de l'aureus est passé de 8,10 g à 7,30 g sous le Haut-Empire et 6,5 g sous le Bas-Empire.

Pendant toute la durée de l'Empire romain, les monnaies ordinaires sont : l'aureus et le quinaire d'or ou demi-aureus; le denier d'argent et le quinaire d'argent ; enfin, les pièces en bronze, qui sont classées par les numismates en grands bronzes (AE1), moyens bronzes (AE 2) et petits bronzes (AE 3 ou AE4), parfois aussi mentionnés (AE+diamètre – type AE15). Exceptionnellement, il y a des multiples ou grosses pièces d'or, d'argent et de bronze, qu'on appelle "médaillons".

Constantin le Grand réforma complètement le système monétaire de l'Empire et créa en or :
  • le solidus d'or (d'où notre mot sol, sou),
  • le semissis ou demi-solidus d'or
  • le tremissis ou triens, c'est-à-dire le tiers de sou d'or.
En argent, il créa
  • le miliarense ou millarès,
  • la silique,
  • la demi-silique.
En bronze
  • le follis ou mayorina (AE 1 ou 2)
  • le nummus ou centenionalis ou demi mayorinas (AE 3 ou 4)
Ces espèces persistèrent sous l'Empire byzantin. Les Barbares continuèrent à frapper les espèces d'or et d'argent créées par Constantin. C'est ainsi que, chez les Francs mérovingiens, on a le sou d'or, le tiers de sou d'or et la demi-silique ou denier d'argent.

Enfin, dernier conseil avant de vous lancer dans une collection de "romaines", ciblez avant un thème de collection car la romanité a vécu un millénaire (sans parler de l'empire byzantin, suite de l'empire romain, qui en a vécu deux).
Par comparaison, imaginez de collectionner tout les types d'euros des quelques 20 pays, qui changent de millésimes chaque année et cela pendant 1000 ans. Cela nous donne:
8 types de pièces + les commémoratives (1 par an et par pays en moyenne) donc 9 types/pays * 20 pays (au moins) * 1000 ans = 180 000 monnaies !!! quel collectionneur peut se vanter d'en avoir tant. Une très grande collection (de monnaies très courantes et mondiales) dépasse rarement les 8 à 10 000 monnaies. Alors choisissez : un empereur, le type de revers, un "pays", les animaux, les bateaux, un type de monnaie (sesterce, denier...). Le choix est vaste mais indispensable.