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Guide pour les collectionneurs de pièces romaines antiques

NumisdocEncyclopédie numismatique

Écrit le 9 décembre 2012 • Dernière modification : 30 mai 2015 • Commentaires (0)

Historique

Née d'un mythe, celui de Romulus et Rémus, Rome existe depuis environ 800 avant J.C. Elle devient très vite une république (-509) dirigée par des consuls nommés par le sénat. Un dictateur peut être nommé pendant 6 mois pour gérer une crise ponctuelle. L'impérator est le général, chef des armées, nommé lui aussi sur ses capacités militaires. En – 88, un sénateur, Caius Calpurnius parvient à « régner » près de 20 ans en se faisant élire ou en faisant élire des consuls de sa gent (famille ou proches). Une guerre civile dure 10 ans et une nouvelle forme de gouvernement voit le jour : le triumvirat, où trois sénateurs dirigent le pays (Iules César – Pompée - Crassus). En -27, Octavien, « fils » de César devient triumvire (avec Lépide et Marc-Antoine). Il élimine les deux autres et, bien que le terme de « république » subsiste, Rome devient une monarchie, Octave devient « Auguste » (sacré) et détient tous les pouvoirs (impérator - chef des armées, grand pontife - chef de la religion).

Jusqu'en 231 ap. J.C., 25 empereurs se succèdent et l'Empire est à son apogée. Son immensité fait aussi sa faiblesse, ses armées ne pouvant contenir les envahisseurs alléchés par ses richesses. S'installe alors une longue période de crise qui voit défiler des « empereurs », assassinés peu après leur sacre, et des usurpateurs se faisant nommer « empereur » par leurs troupes. L'Empire est éclaté et jusqu'à quatre « empereurs » règnent simultanément. En 275, Aurélien parvient à reconquérir presque tout l'ancien empire. En 284, Dioclétien, comprenant l'impossibilité de gérer seul, crée la tétrarchie où deux Empereurs règnent, l'un sur l'Occident (à Rome) et l'autre sur l'Orient, assistés chacun d'un césar, appelé à remplacer leur empereur respectif.

Des dissensions apparaissent très vite et en 324 Constantin, empereur d'Orient s'empare de l'ensemble de l'empire. Rome, menacé par les hordes barbares n'est plus sûr et Constantin crée Constantinople d'où il règne. Les empereurs, descendants de Constantin pour la plupart, tentent de préserver l'Empire, mais en 410, Alaric saccage Rome. Les Perses menacent toujours l'Est de la Méditerranée. Quelques Empereurs fantoches se succèdent à Rome et le dernier, Romulus Augustilius, est détrôné par Odoacre le wisigoth.

La numismatique romaine suit aussi le cours des évènements :
La monnaie la plus forte est en or, l'aureus. Il existe quelques très rares multiples et chaque sous multiple a sa dénomination. Vous trouverez quelques éléments sur ces appellations ici : Appellation des monnaies romaines

République

À ses débuts, Rome n'a comme « monnaie » que des lingots de bronze d'une livre romaine (324 grammes) valant « 1 » d'où le nom d'As libral (une livre) d'abord brut (as rude), puis portant une silhouette d'animal (as grave). Ce monnayage côtoie les monnaies grecques circulant dans tout l'Occident.
La seconde guerre punique (-201) voit une grosse dévaluation, l'as ne pèse plus qu'une vingtaine de grammes, apparaissent les multiples (sesterces et dupondius) et des sous multiples (le quadrant et le sextant de bronze).

Le monnayage d'argent est le plus fréquent à trouver, l'avers représente une tête (Roma – Appolon - Jupiter notamment) souvent an-épigraphe, le revers représente souvent un quadrige et porte le nom du Consul chargé de la monnaie sous forme abrégée (Q.MINV.RVF pour Quintus Minucius Rufus).
Toutes sont frappées à Rome ou sans marque d'atelier.

La République est un thème de collection intéressant, mais assez onéreux (comptez 100€ par monnaie)
Ce monnayage est référencé principalement par les ouvrages suivants:
  • The Coinage of the Roman Republic, par le Révérend Edward Allen Sydenham (Syd#)
  • Description historique et chronologique des monnaies de la Republique romaine, en deux volumes (1885 et 1886), par Ernest Babelon (B#)
  • Roman Republican Coinage, par Michael Crawford (Cr#)

Grand empereurs (Bas Empire) et Crise de l'Empire

Ce monnayage complexe et varié ne peut se définir que dans ses grandes lignes. Le Bas Empire, avec l'auréus (or), le denier (argent), le sesterce (orichalque- bronze), le dupondius (bronze) et l'as (cuivre rouge).
La crise voit la dévaluation s'amplifier et la disparition de l'as, du dupondius et du sesterce. Le denier ancien devient l'antoninien en billon, puis en bronze (saucé ou non) valant deux anciens deniers. Une « nouvelle » monnaie d'argent reprend le nom de denier.
À l'avers se trouve le buste de l'empereur, soit lauré, soit radié selon le type de monnaie, et autour son nom et ses titres. Plus le règne se prolonge, plus les titres se réduisent, l'empereur n'ayant plus à se faire connaître.
Les revers représentent soit des personnifications de dieux ou déesses, soit des faits marquants (victoires principalement).
Les ateliers de frappe commencent à être mentionnés en abrégé sur les monnaies.

Les éléments de lecture d'une monnaie se trouvent ici : Eléments de lecture des titulatures des monnaies romaines.
Pour une collection, un thème doit être choisi (un empereur, une monnaie de chaque empereur, etc.). Certains empereurs sont très rares. Là encore se sont les possibilités financières qui influeront sur le thème.

De très nombreux ouvrages de référence classifient ces monnaies. La bible en français étant le Cohen (C#) trouvable en ligne ici, mais aussi le Sear (introuvable) et le plus utile le Roman Impérial Coinage (RIC#), aussi introuvable mais un site tente d'en répertorier les références ici (ce site regroupe aussi le Sear, le RSV, le Syd, le monnayage grec et des colonies romaines; il permet également des recherches sur des légendes partielles). Pour le monnayage spécifique gallo-romain, l'AGK# est le plus récent (en allemand), mais un ouvrage « l'Empire Gaulois » répertorie également ces monnaies.

Tétrarchie (Haut Empire et fin)

Dioclétien, vers 300, refond totalement la monnaie en solidus (sou d'or), argentéus, follis (bronze > 22mm) le nummus ou centenionalis (bronze < 20 mm) et quinaire (bronze > 16mm). Les appellations varieront sous Constantin pour les bronzes avec la maiorina (équivalent du follis) et la demi-maiorina, mais aussi milliarens et triens, puis ultérieurement pour l'argent en silique et demi-silique. Ces variations d'appellations font que la numismatique moderne classifie souvent les bronzes en « AE » suivi du diamètre de la monnaie.
L'Empire romain compta jusqu'à 35 ateliers monétaires, plus ceux, itinérants qui suivaient l'Empereur et ses Légions. Ils sont reconnaissables à l'exergue par un groupe de lettres reprenant souvent SM (Sacra Monéta) suivi d'une ou plusieurs lettres du nom de la ville (TR pour Trèves, AN pour Antioche, H pour Héraclée, SIS pour Siscia etc.) et aussi d'une autre lettre (parfois en grec pour les ateliers « orientaux ») désignant l'officine (partie d'un atelier).

Pour être classifiable et donc digne d'une collection tout ce monnayage doit absolument avoir, à l'exergue, ses lettres d'atelier lisibles. Ce renseignement est aussi nécessaire que le millésime sur une monnaie moderne. Les portraits sont souvent très semblables et les revers également (plus de 200 références pour le revers FEL TEMP REPARATIO - soldat tuant un cavalier à terre pour les deux empereurs Constans et Constance II). Sont également très fréquents les revers portant, dans une couronne circulaire les vœux de longévité à l'Empereur (type VOT / MVLTI).
Ce monnayage est foisonnant et le choix du thème varié (un atelier, un empereur, un type de revers etc.), mais financièrement accessible.

Quel que soit votre choix dans la période ou le thème, il faut que vos acquisitions soient lisibles pour être collectionnables.