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Identifier sa monnaie de l'Empire romain

NumisdocEncyclopédie numismatique

Écrit le 7 juillet 2012 • Dernière modification : 20 mars 2019 • Commentaires ()



La dénomination
Le buste
La titulature
Le revers
La divinité
L'atelier


La dénomination

La monnaie semble apparaître pour les Romains vers le IVème siècle avant Jésus Christ sous la forme de lingots sur lesquels sont représentés un bœuf, un porc et d'autres animaux. Taillés sur le modèle de la livre romaine de 327 grammes, le lingot d'une livre est appelé un as ; les lingots les plus lourds pouvant peser jusqu'à 4 et 5 livres, d'où leurs noms de quadrussis et de quincussis.
Ils seront remplacés par des plaques de bronze coulées, sur lesquelles sont gravées des figures (animaux, armes, etc.) : il s'agit de l'aes signatum.

La première véritable monnaie circulaire fut l'as libral. Monnaie coulée en bronze et pesant théoriquement une livre romaine (libra), sa masse était dans les faits inférieure et tournait autour de 273 grammes. Cet as était divisé en fractions duodécimales : semis, triens, quadrans, sextans et uncia.
Le revers arborait généralement une proue de galère, symbole de la puissance maritime de Rome. La frappe de la monnaie d'argent fut introduite à Rome en 269 avant Jésus Christ.

Les monnaies étaient frappées dans le temple de Juno Moneta, dont l'épithète Moneta finira par désigner la monnaie elle-même. Une commission de trois membres, les tresviri monetales était alors chargée du contrôle de la frappe. Sous l'Empire, il ne lui resta que la fabrication des monnaies en métaux non précieux, les empereurs se réservant le contrôle des pièces d'argent et d'or, ces dernières ayant fait leur apparition sous Jules César.

À partir d'Auguste, les pièces cessèrent d'arborer les portraits de Janus, Jupiter et autres dieux romains pour afficher ceux des empereurs. Les représentations se diversifièrent et les divinités perdirent le monopole de l'iconographie du revers des pièces.

L'as, qui n'avait plus été frappé dans le courant du Ier siècle avant Jésus Christ, réapparaît et le sesterce est désormais frappé en laiton plutôt qu'en bronze.

Sous l'Empire, il fallait posséder 400 000 sesterces pour pouvoir faire partie de l'ordre équestre, dont les plus hauts fonctionnaires (préfets du prétoire et de l'annone, chefs des services de la chancellerie) percevaient un traitement annuel de 300 000 sesterces. Le billet d'entrée pour l'ordre sénatorial était fixé à un million de sesterces et les plus importantes fortunes se comptaient par dizaines de millions de sesterces. En comparaison, un soldat romain de base touchait un seul aureus, soit 100 sesterces, par mois.

Sous Caracalla apparaît un double denier connu de nos jours sous l'appellation d'antoninien, son nom d'usage à l'époque étant inconnu. D'abord en billon de fort aloi, l'argent disparaitra presque totalement de l'alliage vers le milieu du IIIème siècle. L'as et le sesterce disparaissent petit à petit du système monétaire.

Des origines de la monnaie romaine jusqu'à l'Empire, le poids de métal n'a cessé de baisser. L'as de bronze est successivement passé de 273 grammes à 109 grammes puis à 27 grammes et 9 grammes, avant de terminer à 2,5 grammes sous le Bas-Empire. Le titre d'argent a lui aussi été progressivement réduit pour le denier et la teneur en argent du billon servant à frapper l'antoninien a progressivement chuter jusqu'à un titre inférieur à 5%. De même, le poids d'or de l'aureus a régulièrement oscillé entre augmentations et réductions pour passer de 7,8 grammes sous Auguste à tout juste 3 grammes sous Valérien.

Le monnayage de l'Empire byzantin s'inscrivit dans la continuité du monnayage romain et reprit notamment les divisions créées sous le règne de Constantin. Les Barbares firent de même et c'est ainsi que, chez les Francs mérovingiens, apparurent le sou d'or, le tiers de sou d'or et la demi-silique ou denier d'argent.

Les principales dénominations
Nous donnons ci-dessous les principales dénominations des pièces de monnaie de l'Empire romain avec des indications de métal, de diamètre et de poids approximatives.

  • Aureus : Or - 20mm et 7,8g (Auguste), 6,5g (Caracalla), 5,4g (Dioclétien), 4,8g (Gordien), 3g (Valérien). Monnaie créée sous la République pour pallier aux besoins de financement amenés par les guerres puniques, Auguste en fait une pierre angulaire de son système monétaire et en confie la frappe à l'atelier de Lyon sous contrôle direct de l'empereur. Progressivement dévalué et de moins en moins frappé, il disparut au début du IVème siècle au profit du solidus.

  • Quinaire d'or : Or - 16mm et 3,9g. Également appelé demi aureus, il tire son nom du quinaire d'argent et suivra les changements progressifs de l'aureus. Il fut peu frappé et disparut officiellement en même temps que l'aureus au début du IVème siècle.

  • Solidus : Or - 21mm et 4,5g. Créé par Constantin I suite à la crise économique du IIIème siècle, il devint le pivot de son système monétaire et servit à la fois à la stabilisation monétaire et à lever des fonds pour financer les armées. Contenant 15% moins d'or que l'aureus frappé sous Dioclétien, il remplaça assez rapidement ce même aureus et devint une unité monétaire byzantine relativement stable jusqu'au XIème siècle. C'est à cette monnaie que l'on doit le sol puis sou et probablement les termes de solde et de soldat.

  • Semissis : Or - 18mm et 2,3g. Apparu vers le IVème siècle, il est un divisionnaire du solidus valant la moitié de celui-ci. Il perdura aussi sous l'Empire byzantin jusqu'à la fin du IXème siècle.

  • Tremissis : Or - 13mm et 1,5g. Apparu au IVème siècle, il est également un divisionnaire du solidus valant le tiers de ce dernier. Il continua également d'être émis sous l'Empire byzantin jusqu'à la fin du IXème siècle.

  • Denier : Argent - 18mm et 3,5g. Possiblement la seule monnaie dont le diamètre et le poids demeurèrent plutôt stables à travers les années. Héritier du denier républicain et très présent au début de l'Empire, il disparaitra au milieu du IIIème siècle.

  • Quinaire d'argent : Argent - 15mm et 1,9g. Héritage de la République, il est peu frappé sous l'Empire. Cette pièce vaut la moitié du denier d'argent et a donné son nom au quinaire d'or (demi aureus).

  • Miliarense : Argent - 23mm et 4,5g. Introduite avec le nouveau système monétaire de Constantin, elle est le reflet du solidus en argent et connut certaines variations de poids de plus ou moins 1,5g. Cette monnaie se décline en deux variantes pour les numismates : légère (autour de 4,5g et moins) et lourde (autour de 5g et plus).

  • Silique : Argent - 19mm et 2,3g (Constantin), 1,3g (Maxime et Constantin III). Création du même système monétaire de Constantin au IVème siècle, son nom est tiré du nom du fruit du caroubier qui servait à peser les masses de faible grandeur. Elle disparut sous Valentinien III vers le milieu du Vème siècle après plusieurs dévaluations (1,4g) qui entraînèrent de nombreux rognages comme en témoignent les pièces fréquemment trouvées de nos jours.

  • Antoninien : Billon - 20mm et 5g titré à 50% (Caracalla), 2,5g titré à 10% (début du règne de Gallien), 2,5g titré à 2,4% (fin du règne de Gallien). Frappé pour la première fois sous Caracalla en 215, cette monnaie est une des plus courantes bien qu'elle ne vécut pas longtemps. Aurélien tentera une réforme monétaire en 275 qui ne parviendra pas à sauver cette pièce, qui disparaitra avec les réformes de Dioclétien en 294. Cette monnaie est reconnaissable à la couronne radiée pour les empereurs et le buste sur un croissant pour les impératrices.

  • Sesterce : Bronze ou laiton - 34mm et 27g (Néron), 30mm (Antonin), 23g (Sévère Alexandre). Il porte généralement la mention S C au revers, en référence à l'autorité sénatoriale en matière de monnayage de bronze. Frappé dès le début de l'Empire, il disparaitra vers le milieu du 3ème siècle.

  • Dupondius : Bronze ou laiton - 27mm et 13g (Néron). Frappé essentiellement au Ier et IIème siècle, il disparaitra vers le milieu du 3ème siècle. Reconnaissable à la couronne radiée pour les empereurs (à partir du règne de Vespasien, à quelques exceptions près comme sous Trajan) et au buste sur croissant pour les impératrices.

  • As : Cuivre - 26mm et 10g. Unité de base du système monétaire romain depuis l'origine, il est très présent au Ier siècle et disparaitra progressivement vers la fin du IIIème siècle au profit de plus petites monnaies de cuivre. Originellement coulé en bronze sous la République, il devint une pièce de cuivre frappé sous l'Empire à la suite des réformes d'Auguste. Sa frappe était centralisée dans les ateliers de Rome et de Lyon.

  • Semis : Cuivre - 20mm et 5g. Destiné principalement au commerce local, il est aussi hérité du système monétaire républicain. Originellement coulé en bronze comme l'as, il devint une pièce frappé de cuivre au début de l'Empire et valait la moitié de l'as. Disparu dès le début du Ier siècle, les variations de poids (entre 3 et 8g) rendent son identification souvent complexe. Sa frappe était centralisée dans les ateliers de Rome et de Lyon.

  • Quadrans : Cuivre - 16mm et 2,5g. Comme pour l'as et le semis, il fut une monnaie coulée en bronze sous la République avant de devenir une pièce frappée en cuivre sous l'Empire. Équivalent à la moitié du semis et donc au quart de l'as, sa masse oscille généralement entre 1,5 et 3,5 grammes. Le quadrans disparut vers le milieu du Ier siècle et fut une des rares pièces de l'Empire qui n'arborait pas (sinon rarement) le portrait de l'empereur. Sa frappe était centralisée dans les ateliers de Rome et de Lyon.

  • Maiorina : Bronze - 21mm et 4,5g. Introduite sous Constant et Constance II, cette monnaie ne vécut pas longtemps et disparut au début du Vème siècle sous Honorius. Une bonne part de mystère entoure encore de nos jours cette dénomination qui fut créée après une nouvelle détérioration du système monétaire romain, et dont le nom signifie "grande pièce" sans que l'on sache exactement à quel type de pièce cela faisait référence à l'époque. Bien qu'incorporant une très faible part d'argent (moins de 2,5%), ces pièces ne sont pas référencées comme étant en billon mais bien en bronze. Le diamètre varie généralement entre 20 et 24mm et la masse entre 3,5 et 7g.

  • Nummus ou Follis : Bronze - 17 à 25mm et 3 à 10g. L'appellation officielle est sujet de grands débats parmi les numismates. On retrouve ce type de pièce sous le nom de nummus, de centenionalis ou de follis. Ce nom regroupe dans les faits l'ensemble des petites pièces pièces de bronze émises vers la fin de l'Empire et ne doit pas être confondu avec le follis émis sous l'Empire byzantin. À l'intérieur de cette appellation fourre-tout, il est possible de distinguer des formes de catégories selon les variations de diamètre : AE1 (25mm et plus), AE2 (21 à 25mm), AE3 (17 à 21mm) et AE4 (moins de 17mm).


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Le buste

Le monnayage romain, comme nombre de monnayage à travers l'histoire, n'échappe pas à la classique représentation du pouvoir régnant et l'empereur romain était donc représenté sur l'avers des pièces qu'il émettait.
Cette représentation servait à la fois de moyen d'identification de la monnaie mais avant tout de moyen de communication : le cruel manque de réseau téléphonique de l'époque était alors compensé par l'émission de pièces à l'effigie de l'empereur, permettant à celui-ci d'afficher son pouvoir aux yeux de tous et aux régions éloignées de Rome (ou des autres centres de pouvoir) d'être au courant de l'avènement d'un nouvel empereur ou d'un nouveau césar.

Les caractéristiques principales
Galerie de bustes


Les principales caractéristiques
  • Type : Il convient dans un premier temps de savoir si l'avers montre une tête ou un buste. La différence est ici mineure mais permet dès le début d'écarter certaines variantes. Deux types se distinguent : la tête et le buste. La tête dépeint le visage de l'empereur et son cou, plus ou moins long. Contrairement à la tête, le buste offre lui une effigie représentant les épaules et le haut du torse de l'empereur. Comme pour le cou, la hauteur des épaules et la longueur du torse sont variables et parfois minimes.
    Les têtes ou bustes des impératrices sont parfois posés sur un croissant.

  • Sens : Là encore, il convient de distinguer deux sens principaux : gauche, l'empereur regarde vers la gauche, ou droite, l'empereur regarde vers la droite. La position de l'effigie renvoie à une certaine forme de symbolisme, à savoir la notion de passé lorsque l'effigie est à gauche et une notion de futur lorsque l'effigie est à droite. Certains ouvrages différencieront également le degré de la position selon le sens : arrière, 3/4 avant, etc.
    Les représentations de face apparaitront vers la fin de l'Empire romain et deviendront la norme sous l'Empire byzantin.

  • Coiffe : Au fil du temps la coiffe des empereurs a légèrement évolué pour passer de représentations avec peu d'éléments à des représentations avec une variété d'éléments distinctifs. Ainsi, il convient de distinguer si la tête de l'empereur est :
    - nue : aucun artifice ou attribut n'est présent sur la chevelure ;
    - radiée : la tête de l'empereur est coiffée d'une couronne avec des piques vers le haut, symbolisant les rayons du soleil ;
    - laurée : la tête de l'empereur est coiffée d'une couronne faites de feuilles de laurier ;
    - diadémée : la tête de l'empereur est coiffée d'un diadème, celui-ci pouvant être constitué de perles ou de rosaces et pouvant comporter des joyaux;
    - casquée : la tête de l'empereur est coiffée d'un casque plus ou moins décoré.
    Certaines coiffes peuvent de plus être combinées ; ainsi un buste peut très bien être à la fois casqué et en même temps lauré ou radié.
    Dans le cas des impératrices, la coiffe est plus restreinte, il peut ainsi s'agir :
    - d'un voile couvrant les cheveux, généralement tombant jusqu'au cou ;
    - d'un stéphane, une sorte de diadème à visière relevée ;
    - d'une coiffure tombante ondulée ;
    - d'une coiffure avec les cheveux relevés à l'arrière en forme de chignon.

  • Habillement : Il s'agit de la caractéristique qui amène le plus de confusion lors de l'identification car la différenciation de l'habillement est parfois complexe. L'on distingue les formes suivantes :
    - drapé : les épaules sont couvertes d'une toge avec parfois un anneau, la fibule, sur la poitrine ou au niveau de l'épaule ;
    - cuirassé : les épaules sont couvertes de plaques striées, crénelées ou pointées et le torse peut être couvert d'une forme de plastron ;
    - drapé et cuirassé : la cuirasse est couverte par la toge, ne laissant entrevoir que le col de la cuirasse et/ou les ptériges, des bandes de cuir parfois décorées protégeant les épaules ;
    - en manteau impérial ou consulaire : les épaules et le torse sont couverts d'une sorte de cuirasse d'aspect souple et fortement décorée ; cet habillement est généralement accompagné d'attributs spécifiques comme le sceptre surmonté d'un aigle.
    L'habillement des impératrices est moins varié et consiste majoritairement en un drapé couvrant les épaules et le torse.

  • Attributs : Contrairement aux représentations des divinités, peu d'attributs sont représentés en association avec le buste de l'empereur. Il convient cependant de noter parfois l'ajout d'un bouclier (simple ou décoré) et d'une lance, d'une carte en rouleau (mappa), d'un sceptre simple ou portant une victoire, un aigle ou un globe sur son extrémité.

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Tête
Tête avec diadème perlé
(3 rangs de perles)
Buste avec diadème avec rosettes
Buste tête nue, drapé
Buste lauré et drapé
Buste lauré, drapé et cuirassé
Buste lauré et cuirassé
Buste radié et cuirassé
Buste radié, drapé et cuirassé
avec ptériges sur l'épaule
Buste voilé et drapé
Buste avec diadème de perles
et chignon, drapé
Buste sur un croissant, avec stéphane
Buste lauré et cuirassé,
avec bouclier et lance
Buste en manteau consulaire,
mappa en main droite
et globe en main gauche
Buste casqué, en manteau impérial
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La titulature

La titulature désigne l'ensemble des titres que portaient les souverains. Sur les monnaies romaines, ces titres sont inclus dans la légende d'avers ou de revers et sont généralement abrégés.
La légende du sesterce ci-contre, IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V PP nous donne ainsi des indications sur les titres portés par Trajan lors de la frappe de cette monnaie.
Nous relevons ci-dessous les éléments latins de titulature les plus couramment rencontrés sur les monnaies romaines.

Les éléments courants de la titulature
  • IMP pour IMPERATOR : Traduit par le mot empereur, ce titre ne fait pas référence au titre monarchique tel que porté par Napoléon, mais à la notion de Commandeur en chef des armées. Une grande victoire pouvait ainsi valoir à un chef militaire d'être acclamé imperator par ses soldats sur le champ de bataille. Certaines monnaies peuvent également mentionner le nombre d'acclamations : IMP III, IMP V, etc. Jules César profita de sa position pour se faire nommer imperator à vie, faisant de ce titre désormais héréditaire, un symbole honorifique réservé à l'empereur monarchique qui régnait sur l'Empire romain.

  • CAES pour CAESAR : Traduit par césar, ce titre est d'abord porté par Octave (alors devenu Octavien), fils adoptif de son grand-oncle Jules César, en hommage à ce dernier et pour soutenir l'idée de lignée régnante. Galba fut le premier empereur non membre de la famille de Jules César à porter le titre de césar. À partir de Dioclétien, le titre de césar revêt une notion de subordination vis-à-vis l'auguste qui demeure le chef suprême de l'Empire ; le titre est également souvent attribué par défaut aux enfants de l'empereur régnant. Ce titre honorifique sera porté par presque tous les empereurs romains de l'Empire.

  • AVG pour AVGVSTVS : Traduit par auguste, ce titre serait dérivé de la fonction d'augure, un prêtre chargé d'interpréter les présages et volontés de Jupiter. Bien que Romulus, premier roi de Rome, semble avoir été désigné Augustus comme le mentionnent certains écrits, ce titre ne deviendra prédominant pour les empereurs romains que 700 ans plus tard avec Octavien (anciennement Octave) qui se voit accordé le titre d'Augustus par le sénat romain en 27 avant Jésus Christ. Octavien change alors simplement son nom en Auguste. Dès lors, auguste renvoie à la notion de chef suprême de l'Empire en hommage à Octave/Octavien/Auguste, considéré comme un grand meneur de Rome, et sera porté par tous les empereurs romains.

  • GER pour GERMANICVS : Ce titre était accordé en reconnaissance d'une conquête importante sur les Germains. Il revêt une notion d'exploit militaire au profit de l'Empire et fut accordé à une vingtaine d'empereurs romains dont Domitien, Marc Aurèle et Commode.

  • DAC pour DACICVS : Ce titre était accordé en reconnaissance d'une conquête importante sur les Daces. Il fut notamment accordé à Trajan, Constantin et Aurélien.

  • PART pour PARTHICVS : Ce titre était accordé en reconnaissance d'une conquête importante sur les Parthes. Il était parfois accordé sous l'appellation Parthicus Maximus et fut entre autres accordé à Lucius Verus et Septime Sévère

  • BRIT pour BRITANNICVS : Ce titre, parfois agrémenté de Maximus, était accordé en reconnaissance d'une conquête importante sur les Bretons. Claude, Commode et Caracalla font partie des empereurs ayant portés ce titre.

  • P M pour PONTIFEX MAXIMVS : Traduit par grand pontife, ce titre revêt à la base une notion religieuse. Sous la royauté romaine, il était accordé au chef du collège des pontifes, ce dernier étant originellement chargé de conseiller le roi de Rome sur les questions religieuses. Avec l'avènement de la République puis de l'Empire, la notion de conseil disparut pour laisser place à celle de chef de la religion romaine. Là encore, le titre acquiert une forme d'hérédité parmi les empereurs romains, à partir du règne d'Auguste, qui le porteront pour asseoir leur emprise sur la religion romaine. La fonction de pontife sera plus tard récupéré par les évêques catholiques et notamment par l'évêque de Rome, le Pape, désigné comme pontife suprême de l'Église catholique.

  • TR P pour TRIBVNI POTESTAS : Traduit par puissance tribunicienne, ce titre est attribué au Tribun de la plèbe, magistrat élu pour un an et censé défendre les intérêts des citoyens. Cette fonction ne revêtait pas de caractère de représentation vis-à-vis la plèbe mais possédait une grande importance politique quant à l'influence véhiculé auprès de celle-ci. Ce magistrat pouvait être élu plusieurs fois et il est donc courant de retrouver le nombre de mandat dans les légendes : TR P III, TR P X, TR P XIV, etc. Restreints sous la République, les pouvoirs du Tribun grandirent progressivement jusqu'à l'aube de l'Empire. Une nouvelle fois, c'est à Auguste que l'on doit le rattachement de ce titre aux empereurs romains. L'attribution de ce titre était également une forme d'adoubement par l'empereur régnant qui demandait alors au Sénat de conférer ce titre à son successeur désigné.

  • COS pour CONSVL : La fonction de consul, était une fonction élective majeure au sein de la ville de Rome. Élu tous les ans au 1er janvier à partir de 153 avant Jésus Christ (au 15 mars auparavant), le consul était, sous la République, le plus haut magistrat et gouvernait la ville de Rome où l'armée était interdite, à l'exception de la garde "consulaire". Les élections disparurent progressivement pour laisser place à un simple système de nomination à la fonction consulaire par l'empereur lui-même qui ne pouvait laisser lui échapper cette fonction primordiale. Le titre était alors principalement accordé par ledit empereur à lui-même ou certains membres de sa famille. La fonction étant renouvelé à chaque année, il est fréquent de voir le nombre de consulat sur les monnaies : COS II, COS VIII, COS XVII, etc.

  • P P pour PATER PATRIAE : Traduit par père de la Patrie ou père de la Nation, ce titre revêt essentiellement un caractère honorifique. Conféré par le Sénat, il est originellement une marque d'estime du Sénat en reconnaissance d'un rôle majeur dans la résolution d'une bataille ou d'une guerre. Soumis à l'approbation du récipiendaire lui-même, il devint, à partir d'Auguste, davantage une forme de reconnaissance par le Sénat des nombreuses années de règne de l'empereur. Cela explique donc pourquoi les empereurs qui ont fait long feu n'ont pas porté ce titre.

  • SPQR pour SENATVS POPULVSQUE ROMANVS : Renvoyant à la devise romaine, il se traduit par le Sénat et le peuple romain et demeure de nos un des symboles les plus connus de la Rome antique. Apparues sous la République, ces quatre lettres se retrouvaient notamment sur les frontons de nombreux bâtiments publics et portaient indiscutablement la notion de pouvoir politique. Sur le monnayage romain, cette mention suit souvent celle d'un titre conféré à l'empereur et revêt généralement une forme de reconnaissance ou d'adoubement envers ledit empereur.

  • S C pour SENATVS CONSULTO : Traduit sous la forme par décret du Sénat, l'idée derrière cette mention est celle d'approbation de l'émission d'une pièce par le Sénat. Après la République où l'autorité monétaire était soumise au Sénat, les premiers empereurs romains se réservèrent le droit de frapper le monnayage en or et en argent et laissèrent au Sénat la gestion symbolique du monnayage en métaux moins nobles comme le bronze.

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Le revers

Nous distinguons le revers du monnayage romain en deux catégories principales, à savoir : la première ayant trait aux représentations d'ordre religieux et la seconde reliée à la propagande impériale.

Le symbolisme religieux est omniprésent sur les pièces depuis la République, notamment par l'entremise d'une iconographie variée en ce qui concerne les représentations de divinités de la religion romaine. Nous abordons ce point dans la section suivante avec une liste des principales divinités.

Outre l'aspect religieux, le monnayage romain a donc eu recours à ce côté de la pièce afin de véhiculer la propagande impériale sous différentes formes. L'émission d'une série de pièces était alors pour l'empereur un moyen d'illustrer un fait d'armes (victoire militaire, conquête de territoire, etc.), une activité publique (voeux, libéralité, etc.), un édifice d'importance (temple, aqueduc, etc.) ou tout autre évènement majeur pouvant influencer la vie de l'Empire.

Malgré une certaine continuité pour des types courants, une forme d'appauvrissement de l'iconographie de revers se remarque au fil du temps et la richesse de variétés et de détails du début de l'Empire ne se retrouvent pas sur les émissions tardives du IVème siècle.

Quelques exemples de légendes de revers
  • ADVENTVS AVGVSTI : Ce type de revers fait référence à une entrée triomphale de l'empereur à Rome, généralement après une campagne militaire. Il illustre l'empereur bras levé sur un cheval avançant au pas.

  • AVGVR TRI POT : Représentation du début de l'Empire, le dessin reprend les attributs de l'augure soit le simpulum, l'aspergillum et le lituus. L'augure était un prêtre romain chargé d'interprété les signes naturels. Associé au portrait de l'empereur d'avers, cette iconographie porte donc une forme de symbolisme qui attribue audit empereur un certain pouvoir d'interprétation des présages.

  • CONSECRATIO : Ce revers revêt une forme de spiritualité est était fréquemment associé à la déification d'un empereur après sa mort. Il dépeignait en principe un bûcher funéraire, un autel allumé ou un aigle. Il est à tort considéré comme exclusif à Claude II et était déjà présent sous Marc Aurèle ou Antonin.

  • FEL TEMP REPARATIO : Représentant un cavalier transperçant un soldat ennemi à terre, ce revers véhicule une image de retour au calme de l'Empire. La représentation du cavalier terrassant l'ennemi signifiant alors que Rome a remporté une victoire et que le peuple peut se prévaloir du retour des temps heureux, traduction littérale de la légende latine.

  • FISC IVDAICI CALVMNIA SVBLATA : Certes peu courante, cette légende permet d'illustrer une des utilisations du revers pour illustrer un évènement de la vie courante de l'Empire, à savoir la levée d'une taxe spécifique pour les juifs. Initialement prévue pour financer la reconstruction d'un temple, cette taxe était dans les faits plutôt détournée par le Trésor romain à d'autres fins.

  • GLORIA EXERCITVS : Revers courant de la période constantinienne, il montre généralement deux soldats tenant lances et boucliers autour d'un ou deux étandards. Considéré comme faisant allusion à la bravoure et au courage des soldats pour soumettre les tribus barbares, il permet à l'armée de partager d'une certaine manière le triomphe.

  • GLORIA ROMANORVM : Revers hérité de la période constantinienne, il s'agit là d'une forme de mégalomanie de Constantin qui par cette inscription se définissait lui-même comme étant la Gloire du peuple romain. Cette mention s'accompagne généralement d'une femme (la personnification de la ville de Rome) assise ou de l'empereur à dos de cheval tenant une lance et dont la monture piétine un captif à terre.

  • LIBERALITAS : L'empereur est représenté sur un scène publique, entouré du Préfet du Prétoire, de la divinité Liberalitas et d'un citoyen au pied de la scène prêt à recevoir un don de la part de l'empereur. Ce revers symbolise la générosité de l'empereur envers son peuple.

  • MAC AVG : Ce revers commémore la construction du Macellum, une sorte de marché couvert, sur ordre de Néron. Il dépeint le bâtiment lui-même simplement représenté, sans décoration.

  • OB CIVES SERVATOS : Traduit littéralement par pour avoir sauvé les citoyens, ce titre était en principe accordé à une personne lorsqu'elle avait sauvé un camarade lors d'une bataille. On le retrouve généralement précédé des mentions SPQR et PP, le tout au sein d'une couronne de feuilles de chêne.

  • PACE P R VBIQ PARTA IANVM CLVSIT et PACE P R TERRA MARIQ PARTA IANVM CLVSIT : Ces deux légendes se retrouvent avec la même iconographie représentant le temple de Janus à Rome. Deux détails importants sont relever sur ce revers :
    - les portes du temple : celles-ci étaient ouvertes pour indiquer que Rome était en guerre et fermées lorsqu'elle vivait un temps de paix ;
    - la légende elle-même : la première indique un temps de paix partout tandis que la seconde indique un temps de paix sur terre et mer (TERRA MARIQ).

  • PROVIDENTIAE CAESS : Ce revers est couramment émis vers la fin de l'Empire et représente une porte de camp composée de plusieurs niveaux de briques, surplombée par une tourelle de chaque côté entourant une étoile.

  • ROM ET AVG : Accompagnée de la représentation d'un autel richement décoré entouré par deux Victoires perchées sur des colonnes, ce revers fait référence au sanctuaire des Trois Gaules de Condate où se tenait un autel en hommage à Rome et Auguste. Courant sous Auguste, Tibère et Claude, il ne sera pas frappé ultérieurement.

  • SPQR OPTIMO PRINCIPI : Forme d'hommage de la part du Sénat et du peuple romain à l'empereur, cette légende se retrouve sur un grand nombre de revers sans pour autant dégager une imagerie particulière. Chère à Trajan qui l'utilisa sans parcimonie, cette reconnaissance pouvait être de natures diverses et l'on note ainsi des représentations :
    - d'une colonne entourée d'aigles et surmontée par une statue de l'empereur ;
    - du temple de Jupiter Victor sur le mont Palatin ;
    - d'un soldat ennemie (par exemple de Dacie) vaincu et entouré d'un amas d'armes et de trophées ;
    - du pont traversant le Danube ;
    - et bien d'autres types.

  • VOT V MVLT X : Cette légende est l'expression d'un voeu formulé à l'empereur pour les années de règne déjà effectuées et les années à venir. VOT V représente alors une forme de remerciement pour les années écoulées tandis que MVLT X est une form de bonne augure souhaitée à l'empereur pour les années de règne suivantes. Les chiffres varient selon les empereurs et les années, mais ce type de légende est généralement inscrit au sein d'une couronne de laurier ou de chêne. On retrouve parfois cette inscription sur un petit bouclier tenu par deux Victoires et associée à la légende VICTORIAE LAETAE PRINC PERP.

  • VRBS ROMA : Ce type de légende renvoie à une émission faite sous Constantin censée commémorer la fondation de la ville de Rome et réaffirmer son importance au sein de l'Empire après qu'il a fondé la ville de Constantinople. Le revers fait référence à la légende de la fondation de Rome et représente un louve allaitant les jumeaux Remus et Romulus, ce dernier ayant été le 1er roi de Rome.


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La divinité

Outre les représentations renvoyant à des moments particuliers (bataille, voeux, etc.), le monnayage romain utilise fréquemment une iconographie de revers liée aux dieux, déesses et divinités vénérés par la religion de l'Empire.
Associées à des attributs spécifiques selon la divinité et ses fonctions, ces figures n'incarnaient pas uniquement des qualités ou vertus (générosité, fortune, etc.), généralement associées à l'empereur ou sa famille, mais renvoyait également à de véritables divinités, auxquelles des sacrifices étaient faits, et qui, parfois, possédaient leur temple à Rome.

Les principales divinités
  • Abundantia : Personnification de l'abondance et de la prospérité, cette figure féminine est représentée tenant une corne d'abondance ou parfois en train de la déverser généreusement.

  • Aequitas : Personnification de l'équité et de la justice entre individus, cette figure féminine est représentée tenant une balance et une corne d'abondance.

  • Aeternitas : Personnification de l'éternité et de la stabilité, cette figure féminine ou masculine est représentée tenant une sphère, une torche ou un phénix. Sa représentation peut inclure des références aux astres célestes (soleil, lune et étoiles), et était fréquemment associée à la déification d'un empereur.

  • Annona : Personnification de l'approvisionnement en céréales dans la ville de Rome, cette figure féminine est représentée tenant des épis de blés et une corne d'abondance, et parfois entourée d'un modius et d'une figure de proue. Sa représentation revêt un caractère politique important en conférant à l'empereur une image de père nourricier de la nation romaine.

  • Clementia : Personnification du pardon et de la pitié, cette figure féminine est représentée tenant un rameau et un sceptre, et parfois appuyée contre une colonne.

  • Concordia : Personnification de l'harmonie et de l'entente sociale, cette figure féminine est représentée tenant un bol sacrificiel et une corne d'abondance ou un caducée. Associée à l'imagerie militaire, elle tient généralement un étendard.

  • Fecunditas : Personnification de la fertilité, cette figure féminine est représentée en tant que matrone tenant une hasta pura (lance sans tête) ou une corne d'abondance et accompagnée d'enfants.

  • Felicitas : Personnification de la prospérité et du bonheur, cette figure féminine est représentée tenant un caducée et une corne d'abondance.

  • Fides : Personnification de l'honneur et de la loyauté, cette figure féminine est représentée tenant une corne d'abondance et des épis de céréales. Associée à l'imagerie militaire (Fides Militvm ou Fides exercitvm), elle tient généralement un ou plusieurs étendards.

  • Fortuna : Personnification de la chance, cette figure féminine est représentée tenant une corne d'abondance et un gouvernail ou une roue de fortune.

  • Genius : Figure masculine nue ou portant un manteau, il est représenté coiffé d'un modius et tenant une corne d'abondance. La figure du Génie apparaît pour la première fois sous Néron et la dernière sous Hélène, femme de Julien II.

  • Hercule : Personnification de la force et de la puissance, cette figure masculine est représentée à demi-nu portant la léontée et une massue.

  • Hilaritas : Personnification de l'allégresse, cette figure féminine est représentée tenant une corne d'abondance et une palme ou une coupe. Elle est parfois accompagnée d'enfants.

  • Honos : Personnification de l'honneur, cette figure masculine est représentée à demi-nu tenant une corne d'abondance et une couronne de lauriers, et parfois accompagnée de Virtvs distinguée par un heaume sous son pied. La représentation de l'honneur débute avec les bronzes de Vitellius pour finir avec ceux de Antonin le Pieux.

  • Iovi : Figure masculine dépeignant Jupiter, ce dernier est représenté à demi-nu tenant une foudre. Jupiter était le dieu du ciel et de la foudre et roi des dieux romains, soit l'équivalent de Zeus pour les grecs.

  • Iustitia : Personnification de la justice, cette figure féminine est représentée, parfois assise, tenant une balance et un sceptre. Elle apparaît pour la première fois sous Livia femme d'Auguste, et la dernière fois sur une monnaie posthume de Constantin Ier auquel est ajouté le titre venerabilis.

  • Laetitia : Personnification de la joie et du bonheur, cette figure féminine est représentée tenant une couronne et une ancre ou une guirlande et un sceptre.

  • Liberalitas : Personnification de la générosité, cette figure féminine est représentée tenant une abaque et une corne d'abondance. Sa représentation avait pour but de souligner les largesses de l'empereur envers le peuple.

  • Libertas : Personnification de la liberté, cette figure féminine est représentée tenant un pileus et une vindicte, la baguette servant au licteur à frapper la tête d'un esclave lors de la cérémonie d'affranchissement.

  • Pax : Personnification de la paix, cette figure féminine est représentée tenant un rameau d'olivier et un sceptre.

  • Pietas : Personnification de la piété et de la dévotion, cette figure féminine est généralement représentée voilée et accomplissant un acte sacrificiel à l'aide d'un autel.

  • Providentia : Personnification de la prévoyance, cette figure féminine est représentée tenant un sceptre ou une corne d'abondance et un bâton avec lequel elle désigne un globe à ses pieds.

  • Salus : Personnification de la santé, de la sécurité et du bien-être, cette figure féminine est représentée tenant un sceptre et une patère avec laquelle elle nourrit un serpent rampant sur un autel.

  • Securitas : Personnification de la stabilité et de la sécurité (de l'État), cette figure féminine est représentée tenant une patère ou un sceptre.

  • Sol : Figure masculine à l'effigie du dieu du soleil, ce dernier est représentée la tête radiée, à demi-nu portant un manteau sur les épaules et tenant un fouet ou un globe.

  • Spes : Personnification de l'espérance, cette figure féminine est représentée tenant une fleur.

  • Uberitas : Personnification de la fertilité des sols et de l'abondance, cette figure féminine est représentée tenant une corne d'abondance ou une bourse ou une grappe de raisin.

  • Victoria : Personnification de la victoire, cette figure féminine est représentée tenant une couronne et une palme. Elle est l'équivalent d'Athéna pour les grecs.

  • Virtus : Personnification du courage et de la force militaire, cette figure masculine est représentant en habit militaire tenant une lance et un bouclier.

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L'atelier

Au fil des batailles et déplacements de légions hors d'Italie, la nécessité d'une quantité importante de monnaie hors de Rome s'est fait sentir et des ateliers monétaires mobiles apparurent. Ceux-ci suivaient alors les mouvements des troupes et leurs accompagnant (familles, serviteurs, esclaves, commerçants, etc.) qui représentaient généralement plusieurs milliers de personnes.
Empruntant régulièrement les mêmes itinéraires,
la rationalisation amena une sédentarisation des ateliers dans des lieux sécurisés et sur le passage des armées. Les premiers ateliers extérieurs à Rome s'installèrent donc dans les grandes places romanisées : Carthage, Lyon, Tarraco. Aucun signe particulier ne permettait de les reconnaître, hormis le style de gravure ou certaines variations de légendes.
Vers le milieu du 3ème siècle après Jésus Christ apparurent les premières marques d'atelier au revers des pièces de monnaie. La grande réforme de Dioclétien, alliée à la nouvelle tétrarchie, concrétisa alors les marques d'atelier par un différent
apposé à l'exergue du revers. Le nombre d'ateliers évolua régulièrement au fil des conquêtes et pertes de territoire, et selon les volontés des empereurs successifs.
Les ateliers, débordés par la demande de petite monnaie et par les changements récurrents de poids dus aux dévaluations rapides, virent la nécessité de séparer la production au sein d'un atelier selon différentes officines afin de pouvoir contrôler et éventuellement sanctionner le responsable. En moyenne, un atelier disposait de 3 ou 4 officines, les plus grands ateliers montant jusqu'à une dizaine d'officines.

Un différent d'atelier comprend généralement :
  • une série de une (1) à cinq (5) lettres identifiant l'atelier lui-même (la série de lettres pour un même atelier pouvant évoluer au fil du temps) ;
  • une (1) lettre indiquant l'officine au sein de l'atelier ;
  • un ou plusieurs symboles ou annotations permettant de différencier les émissions d'un même type au sein d'une officine (étoile, croissant, point, etc.).

Les principaux différents d'ateliers
  • Alexandrie : ALE, ALEX, SMAL
  • Amiens : AMB, AMBI
  • Antioche : ANT, ANTOB, SMAN, SMANT
  • Aquilée : AQ, AQOB, AQVIL, SMAQ
  • Arles : ARL, CON, CONST, KON, KONSTAN
  • Carthage : KAR, KART, PLK
  • Constantinople : CON, CONS, CONSP, CONOB
  • Cyzique : CYZ, K, KV, KVZ, KY, MK, MKV, SMK
  • Héraclée : HER, HERAC, HERACL, HT, SMH, SMHT
  • Londres : AVG, LD, LG, LN, LON, LVG, LVGD, LVGPS, MLN, PLN, PLON
  • Lyon : LG, LP, LVG, LVGD, LVGPS, PL, PLG
  • Milan : MD, MDOB, MDPS, MED
  • Nicomédie : MN, NIC, NICO, NIK, SMN
  • Rome : R, RM, ROM, ROMA, ROMOB, VRB ROM, SMR
  • Sirmium : SIR, SIRM, SIROB, SM
  • Siscia : S, SIS, SISC
  • Thessalonique : COM, COMOB, CONOB, SMTS, TES, TESOB, TH, THES, THSOB
  • Pavie : PT, T, TT
  • Trêves : SMTR, TR, TRE, TRIOB, TROB, TRMS, TRPS

Pour les officines, nous retrouvons généralement les lettres suivantes juxtaposées au différent d'atelier :
  • 1ère officine : I, P, A
  • 2ème officine : II, S, B
  • 3ème officine : III, T, Γ
  • 4ème officine : IV, Q, ∆
  • 5ème officine : V, Ɛ
  • 6ème officine : VI, ς
  • 7ème officine : VII, ζ
  • 8ème officine : H
  • 9ème officine : N, Θ, ∆Ɛ
  • 10ème officine : X, ι
  • 11ème officine : XI, ιA, Aι
  • 12ème officine : XII, ιB, Bι



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