Seborga, Italie

Seborga, Italie (1666-1687)
Lieu Seborga, Italie
Dates d'activité 1666-1687
Voir aussi Wikidata (Q269808), Wikipédia

Seborga émit sa propre monnaie pour la première fois en 1666. Les moines de Lérins, à la recherche de sources de revenus alternatives aux loyers agricoles, qui depuis quelques années étaient plutôt faibles, décidèrent d’exercer l’un des droits qui appartenaient au Prince Souverain et, la veille de Noël, le Prince-Abbé César Barcillon sous-traita la gestion d’un nouvel hôtel de la monnaie de Seborga pour cinq ans à Bernardino Bareste de Mougins, en lui donnant 740 lires par an. Le contrat avec Bareste fut ensuite prolongé jusqu’en 1679. Dans l’hôtel de la monnaie, situé dans le Palais des Moines de Seborga, les luigini (dont le nom était inspiré de la monnaie en France à ce moment-là, le louis) commenceront à être fabriqué.

Les luigini portaient le buste de saint Benoît à l’avers (mais certains soutiennent qu’il s’agissait plutôt de saint Honorat) et au revers les armoiries encore utilisées aujourd’hui par l’Abbaye de Lérins, surmontées d’une couronne princière. 

Les luigini furent aussitôt désapprouvés par le Roi de Sardaigne et le Roi de France, qui voulaient empêcher la circulation sur leurs territoires de pièces échappant à leur contrôle et à leurs impôts. Au début, ils eurent un grand succès au Levant (en Orient), mais quand les moines augmentèrent leur production en réduisant la quantité d'argent, ils devinrent moins populaires.

En 1679, Bareste fut remplacé par Silvan Condaz et en 1686 Condaz fut remplacé par le monnayeur Jean D’Abric. D’Abric, cependant, fut accusé de fabriquer de fausses pièces et par conséquent, après une protestation du Roi de France, la frappe des pièces fut suspendue et ne rependit plus. L'atelier monétaire de Seborga est donc restée officiellement actif de décembre 1666 à octobre 1687, bien qu’aucun luigino produit après 1671 ne soit connu. Le matériel utilisé pour frapper les pièces fut ensuite vendu en 1719 par le Podestà de Seborga, Giuseppe Antonio Biancheri, à la République de Gênes.

 

À ce jour, seuls douze luigini ont survécu, ils sont classés comme «très rares» et présentent un grand intérêt numismatique. Quatre font partie de la collection numismatique du Roi Victor-Emmanuel III, l’un se trouve aux Archives d’État de Turin, deux au Musée Impérial de Vienne, un à l’Hôtel de Ville de Marseille, un à l’Hôtel de Ville de Lyon et trois sont en propriété privée.

 

Toutes les autres pièces de Seborga, du prince Giorgio Ier, du prince Marcello Ier et de la princesse Nina, ont été frappée dans l'atelier monétaire de Turin.

Émissions de cet atelier

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